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Le Fils de la Lumière (Page 2)
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L'enfant Abd-ru-shin devint jeune homme. Tel un gardien, Is-ma-el était toujours présent à ses côtés. Il le conduisait au Temple et lui faisait prendre part aux cérémonies. En même temps, il le traitait comme un fils et l'élevait comme s'il était un homme pareil aux autres.
Ce n'est que peu à peu qu'Is-ma-el voulut lui parler du secret de sa destinée humaine, car il savait que Abd-ru-shin l'ignorait. Ses yeux portaient encore le bandeau.
Et Is-ma-el commença à parler du royaume spirituel qui est la patrie de l'être humain. Il savait qu'il ne pouvait rien y avoir de plus magnifique que de communiquer cette connaissance à Abd-ru-shin. En effet, celui-ci avait suffisamment mûri pour être maintenant en mesure d'accueillir tout ce qui lui avait été caché jusqu'alors. C'est ainsi qu'un jour il questionna son maître à brûle-pourpoint:
- Si ma mère est la Reine du Royaume spirituel, qui donc est mon Père?
Is-ma-el savait qu'il avait à présent le droit, et même l'obligation, de répondre à la question, puisque Abd-ru-shin l'avait posée. Il eut cependant une légère hésitation; mais celui-ci insista:
- Je suis encore très jeune, il est vrai, mais il me faut le savoir.
Is-ma-el dit alors lentement:
- Tu es le Fils du Dieu Tout-Puissant!
Durant un long moment, Abd-ru-shin ne dit mot. Puis il regarda Is-ma-el et dit simplement:
- C'est vrai, je le suis!
A partir de ce jour, Is-ma-el ne fut plus l'instructeur ni le guide de Abdru-shin, mais au contraire devint son subordonné.
Le peuple le remarqua et trouva cela tout naturel. Is-ma-el continua évidemment à promulguer les lois auxquelles le peuple devait obéir mais, inspirées d'en-haut, elles produisaient toutes un effet que le peuple reconnaissait avec surprise.
Tous étaient heureux, car ils voyaient en Abd-ru-shin leur nouveau souverain. Cependant, lui, savait dès à présent qu'il ne le serait jamais.
- Dis-moi, Is-ma-el, pourquoi suis-je sur Terre?
Is-ma-el, que la question surprit, dit avec hésitation:
- Parce que tu dois apprendre à connaître la Terre, Abd-ru-shin.
Celui-ci sourit:
- Je le crois également. Mais, en conséquence, s'impose à moi une décision à laquelle tu n'as pas encore pensé et qui me préoccupe depuis longtemps.
Is-ma-el interrogea Abd-ru-shin du regard. Il entendit alors les paroles qui déclenchèrent en lui une si forte douleur qu'il resta là assis, immobile, longtemps encore après que Abd-ru-shin eut terminé.
- Is-ma-el, tu dis que je dois apprendre à connaître la Terre. Mais il ne s'agit pas de ce petit royaume qui vit en dehors du monde dans une paix paradisiaque.
La Terre est autre que ce bel asile qu'est votre monde; c'est elle que je dois apprendre à connaître! Il faut que ce soit autre chose, car la vie qui m'entoure est assurément l'image de la vie humaine telle qu'elle est voulue par Dieu. Tu m'as dit qu'au-delà du grand rocher le monde revêt un aspect différent, que là-bas les humains sont mauvais, qu'ils savent haïr. Je ne sais rien encore de tout cela et je suis cependant ici pour apprendre à le connaître. Il faut que j'aille vers ces humains qui vivent en des endroits où il en va autrement qu'ici! Il faut que je vous quitte, que je parte pour un autre pays, pour l'étranger, l'inconnu.
Longtemps encore Is-ma-el demeura assis. Abd-ru-shin était parti, le laissant seul à sa douleur. Il savait qu'il ne pouvait l'aider, mais il espérait que son guide bien-aimé se rendrait compte combien il était nécessaire qu'il quittât le royaume des Ismains.
is-ma-el se rendit dans le Temple. Dans un profond recueillement, il entendit la Reine de Lumière lui parler:
- Dis à Abd-ru-shin, mon fils, de se préparer à quitter votre royaume. Donne-lui la moitié de tout ce qui t'appartient afin qu'il arrive bien équipé dans le monde des hommes. Que la moitié de ton peuple l'accompagne, car vous êtes tous deux souverains et avez chacun la même part.
Is-ma-el remercia la Reine de lui avoir parlé ainsi et fit tout ce qu'elle lui avait demandé. Il dit à Abd-ru-shin:
- Le moment où tu dois nous quitter approche. Je vais donc te donner dès à présent ce qui te revient; la moitié de tous mes biens; ainsi le veut ta mère. Je partagerai le peuple des Ismains. Tu choisiras ceux que tu voudras. Puis je te conduirai dans la salle du trésor pour que tu choisisses les joyaux qui t'appartiendront désormais. De même, tu auras la moitié de mes troupeaux. Tu dois partir en Prince et ta puissance extérieure doit en témoigner de loin. Ainsi parla Is-ma-el; et Abd-ru-shin, ému, répondit:
- Je te remercie, Is-ma-el. Tu aplanis mes chemins. Tu es le gardien de la Lumière sur cette Terre!
Mais Is-ma-el répondit:
- Aussi longtemps que la Terre existera, je serai là et reviendrai toujours. Tant que je pourrai venir, ce ne sera pas encore la fin. Mais lorsque j'aurai achevé ce périple, je ne foulerai plus qu'une seule fois ces lieux. Je ne viendrai alors que pour dire aux êtres humains: «Faites pénitence car le Royaume de Dieu est proche!» Cependant, je ne vivrai pas dans ce royaume de paix, car il n'existera plus à ce moment-là. Je serai là où la haine et l'envie font mûrir leurs fruits.
Le peuple des Ismains a accompli sa mission. Il disparaîtra après ton départ. Tous ceux qui vivent dans ce paradis auront bientôt atteint l'accomplissement terrestre, car le peuple s'éteindra après ma mort. Pour eux ce ne sera pas une désagrégation mais seulement une transition. Les hommes que tu emmènes avec toi auront une mission plus élevée et, tel un cercle, ils t'entoureront. Pas un parmi eux ne te trahira. Ils sont déjà trop purs pour être encore la proie des ténèbres qu'ils ne comprennent pas. Lors de ta mort, ils quitteront la Terre et rentreront avec toi dans leur patrie.
Les yeux d'Is-ma-el devinrent clairvoyants et il dit:
Chevauche vers le sud, Abd-ru-shin, puis dirige toi vers l'ouest jusqu'au grand fleuve, en direction de sa source. Tu trouveras alors ta nouvelle patrie. Ton peuple s'unira à une tribu qui vit sans maître dans le désert. C'est là que tu séjourneras jusqu'à ce que tu aies accompli ta mission. Laisse-toi guider par l'esprit tel que je l'ai été à travers l'immense pays avant de te trouver.
Abd-ru-shin remercia de nouveau celui qui l'avait éduqué. Il n'avait plus maintenant de questions à poser, car il n'y avait plus rien qu'Is-ma-el aurait pu lui expliquer. Il devait faire seul ses expériences.
Son enfance avait été protégée, son adolescence comblée. A présent, Envoyé de la Lumière, il était assez fort pour risquer le combat qui s'offrait à lui.
Le départ de Abd-ru-shin du royaume des Ismains fut impressionnant. La colonne qui le suivait, formée de milliers de cavaliers et de bêtes de somme chargées de trésors, s'étendait à perte de vue. Tout un peuple s'exilait! Ils quittèrent leur paradis pour suivre leur maître vers un autre pays; tous étaient confiants. C'est qu'ils savaient que la Terre n'était pas leur patrie et que partout ils pouvaient fonder un royaume de paix. C'était l'élite qui partait, les meilleurs du peuple ismain.
Les rochers pivotèrent, ouvrant un large passage. Tout un jour et toute une nuit ils laissèrent partir ceux qu'ils avaient jusqu'alors protégés. Au milieu de la colonne, Abd-ru-shin chevauchait un cheval blanc. L'immense convoi empruntant les gorges étroites jusqu'à la plaine, se dirigea vers le sud, puis vers l'ouest, le long du grand fleuve: le Nil, pour continuer à nouveau son chemin vers le sud, en direction des sources.
Abd-ru-shin suivait exactement les consignes d'Is-ma-el. En lui vivait le souvenir de sa jeunesse; et la nostalgie du royaume inconnu des hommes que les rochers dissimulaient aux regards, s'éveilla doucement en lui. Son peuple cependant n'avait pas le mal du pays. Il était heureux là où se trouvait son Prince et partout la Terre lui semblait belle. Au cours de son long voyage, sa vie était semblable à celle qu'il menait au royaume des jardins.
Is-ma-el suivait dans un cristal tout le voyage de Abd-ru-shin. Il était rassuré, car il constatait que tout se déroulait aisément et sans le moindre incident. Il demeurait de nombreuses heures dans le Temple à interroger le cristal. De cette façon, il se sentait toujours en relation avec Abd-ru-shin et ressentait en une joie pure les pensées que lui adressait l'Envoyé de la Lumière. Il voyait aussi combien Abd-ru-shin aspirait à le revoir et en était heureux, car il reconnut à cela qu'il n'avait pas manqué à sa mission.
De longs mois s'écoulèrent ainsi et, avec Abd-ru-shin, les Ismains poursuivaient toujours leur voyage vers le sud. Ils longèrent le Nil en amont et arrivèrent au désert. Et un jour, Abd-ru-shin sut qu'il était parvenu au terme de sa route.
Ils rencontrèrent des hommes, des Arabes qui leur barrèrent le chemin. Il sembla tout d'abord que ces derniers voulaient leur faire obstacle, mais ensuite, ils les accueillirent avec joie.
Abd-ru-shin apprit que le chef de la tribu était mort et qu'ils avaient attendu le nouveau Maître qui leur avait été annoncé.
«Votre prince approche, il vient avec une suite considérable et d'immenses trésors. Il monte un cheval blanc plus noble que les étalons arabes.»
Ainsi l'avait prédit la voyante de ce peuple. C'est pourquoi les Arabes étaient partis nombreux pour accueillir leur nouveau maître et le ramener.
Tout ceci fut raconté à Abd-ru-shin. Il savait à présent qu'il avait atteint son but. On lui remit tout, y compris les trésors. Abd-ru-shin devint ainsi le prince d'une puissante tribu arabe.
Il commença d'organiser le royaume d'après le modèle de celui où il avait passé sa jeunesse. Ce ne lui fut pas facile de mener toutes choses à bonne fin. Mais les Ismains étaient partout de fidèles auxiliaires. Ils se répartirent de nouveau en castes et accomplirent le même travail auquel, dans leur pays natal, ils avaient consacré leur vie. Ils fondèrent leur état dans le pays des Arabes selon l'ordre habituel et ne prêtèrent aucune attention à l'étonnement qu'ils suscitaient ainsi.
Par leur bon exemple, ils facilitaient l'introduction de règles et de lois nouvelles, démontrant par l'action combien ces lois récemment édictées par leur souverain étaient équitables.
Et Abd-ru-shin les incorpora partout. Il répartit dans les mêmes castes que les Ismains ceux des Arabes qui pouvaient s'adapter le plus rapidement.
En tout premier lieu, Abd-ru-shin rendit à tous les esclaves, même s'ils étaient issus d'autres tribus, la liberté de disposer d'eux-mêmes, devenant ainsi des êtres égaux en droits. Pendant les premières années, il lui fallut être pour ses sujets tout à la fois le prince et le prêtre, et les guider comme des enfants. Abd-ru-shin trouvait là un champ d'action tellement vaste qu'il lui paraissait inépuisable.
Un travail immense l'attendait, mais cela l'attirait. Il était constamment occupé à innover. Il trouva dans le peuple des auxiliaires qui lui devinrent indispensables. Ils comprenaient sa parole et ne la livraient pas à de mauvaises interprétations. Ils la propageaient dans les castes et les couches subalternes où ils trouvaient d'autres aides pour réaliser ce que le nouveau souverain ordonnait. Il n'arrivait jamais que les hommes doutent de la justesse de ces innovations, car ils constataient presque instantanément le succès de toutes ces mesures.
Bonheur et paix commencèrent à se répandre de plus en plus. La prospérité du pays croissait.
Un jour, des hommes vinrent trouver Abd-ru-shin pour le prier d'entreprendre une expédition contre une tribu voisine. Abd-ru-shin leur demanda:
- Que vous ont fait ces hommes, que vous vouliez leur faire la guerre?
Sans comprendre, les hommes regardèrent leur prince.
- Ne sommes-nous pas un peuple guerrier? N'avons-nous pas été instruits du maniement des armes afin de soumettre un jour d'autres tribus? Les plus faibles n'existent-ils pas pour que nous les dominions?
- Nous avons des troupes de combattants pour nous défendre si l'on nous attaque, répondit Abd-ru-shin, mais non pour attaquer les autres. L'abondance et la prospérité ne règnent-elles pas dans le pays? Que voulez-vous de plus? Il est certain que vous ne pouvez qu'y perdre si vous déclenchez arbitrairement une guerre, tuez des hommes, et si vous en sacrifiez dans vos rangs. Je ne tolère pas d'esclaves, vous n'aurez donc que des prisonniers que vous devrez libérer ensuite!
- Mais il en a toujours été ainsi. Nous guerroyons depuis que notre tribu existe. Nos hommes ne sont faits que pour cela. Ils ne servent à rien s'ils restent couchés dans leurs chaumières et tombent dans la paresse.
- Dans ce pays, sous mon gouvernement, personne n'a le temps d'être paresseux. Pour vos hommes, il y aura d'autres occupations que d'être à la recherche d'adversaires à combattre. Allez et renoncez à vos projets que je n'admets pas!
Déconcertés, les hommes d'armes s'en allèrent. Ils ne comprenaient pas leur souverain. D'autres ne le comprenaient pas non plus et cherchaient des explications. Ils voulaient savoir pourquoi ils ne devaient pas tuer, pourquoi ils devaient vivre différemment des autres tribus. Ils craignaient que l'ennemi puisse leur être supérieur et ne prenne tous leurs biens. Ils croyaient qu'un homme devait prouver son adresse au combat afin que les autres ne le tiennent pas pour un faible.
Abd-ru-shin combattit toutes ces conceptions et les remplaça par de nouvelles notions qui leur étaient étrangères. Il leur enseigna à vivre en paix avec les tribus voisines et leur prochain. Il fit rassembler tous les hommes qui étaient insuffisamment occupés et leur fit construire des édifices. A commencer par un Temple.
Beaucoup d'hommes y travaillaient. Ils partaient au loin chercher du marbre et ramenaient d'énormes blocs qu'ils taillaient ensuite. Ils assemblaient les pierres de taille les unes aux autres, et le Temple aux dimensions gigantesques s'élevait. Un zèle encore inconnu s'emparait des hommes qui y travaillaient. De nouveaux renforts affluaient sans cesse; tous voulaient aider. Ils commençaient à reconnaître la valeur de ce travail et s'interrogeaient sur l'avantage qu'ils auraient eu à partir en guerre. Du reste, en avaient-ils jamais tiré profit?
Ils avaient à présent enfin trouvé la tranquillité et la prospérité. Plus aucun homme ne mourait de faim. Ils s'en rendaient progressivement compte. Ils se mirent à reconstruire leurs vieilles villes à moitié tombées en ruines en édifiant de nouvelles maisons. Pleins de projets, ils voulaient aussi construire un nouveau palais pour leur prince et se réjouissaient comme des enfants devant un jouet neuf.
Là où tant de mains travaillent, la réussite ne peut que suivre. Des années durant, on ne reconnaissait plus le pays. Telles des fourmis affairées, les Ismains infatigables travaillaient parmi les Arabes qu'ils stimulaient sans cesse par leur application. Ils vivaient tout comme jadis et, par leur seule présence, ils entraînaient les autres par leur ardeur. Ils étaient les piliers qui maintenaient l'ensemble et soutenaient le nouvel édifice.
Le Temple était terminé. Même ceux qui l'avaient construit regardaient leur oeuvre avec admiration et la joie des autres les réconfortait. Mais, d'une autre croyance que les ismains, ils se demandèrent alors pour qui ils l'avaient construit.
Abd-ru-shin fit annoncer au peuple qu'il se chargerait personnellement de la consécration du nouveau Temple. Ce devait être une grande fête pour le peuple. Des cavaliers portèrent cette nouvelle à tous les ressortissants de la tribu arabe. Et ils affluèrent. La ville ne put contenir tous ceux qui désiraient participer à la fête.
On dressa des tentes à une grande distance de la ville afin que les hommes eussent un abri. Tous vivaient dans un état d'effervescence inconnu d'eux car ils n'avaient aucune idée de la nature de cette fête.
Des semaines auparavant, les femmes et les jeunes filles avaient confectionné de magnifiques vêtements. Du palais, on transporta de splendides tapis au Temple dont on recouvrit le sol et une partie des murs. Toutes les mains s'activèrent à rendre la Maison de Dieu plus digne de Lui en la parant des joyaux les plus précieux que les trésors renfermaient.
Avec sérénité les Ismaines, servantes du Temple, assuraient à nouveau le service qu'elles avaient rempli dans leur pays natal. Elles apportaient de grandes nattes pleines de fleurs et en décoraient l'autel.
Le matin de la Fête arriva. Dès les premières heures, le Temple s'emplit déjà de milliers de personnes. En un étonnement mêlé de crainte, ils virent sa magnificence et dans les âmes des Arabes commença à s'éveiller un sentiment jamais éprouvé auparavant.
Provenant d'instruments inconnus, une douce musique descendait des hauteurs. Pour la première fois depuis des années, en l'honneur de Dieu, les Ismains firent entendre les airs sacrés de leurs chants qu'ils connaissaient si bien. Le silence régnait sous les immenses portiques; seule la musique inondait l'espace.
Des Ismains en habits blancs de cérémonie avaient pris place sur une estrade et attendaient qu'apparaisse Abd-ru-shin. Ils avaient tous pris possession de leurs sièges disposés en demi-cercle ainsi qu'il était de règle dans le Temple de leur pays natal. Ils appartenaient à la première caste et remplissaient également en ces lieux envers le prince les devoirs de leur ministère auxquels ils étaient tenus.
Lorsque du haut d'un escalier situé derrière l'autel, Abd-ru-shin pénétra dans la salle, les humains retinrent leur souffle! Jamais ils n'avaient vu leur prince ainsi! Il portait un vêtement blanc aux reflets chatoyants. Un turban blanc retenu au front par un énorme diamant étincelant lui donnait une allure si majestueuse que tous frémirent, saisis d'un joyeux pressentiment.
Ils aspiraient à ses Paroles comme les êtres assoiffés aspirent à l'eau qui doit les désaltérer, et se sentaient déjà heureux d'avoir le droit d'assister à une semblable cérémonie.
Abd-ru-shin parla. On eût dit que des ailes portaient ses paroles à travers l'immense espace. Le plus éloigné les entendait aussi nettement que celui qui se tenait à proximité.
Mon peuple! Le jour de votre union est arrivé. Il n'y aura plus désormais deux tribus menant l'une à côté de l'autre des vies différentes. La construction du Temple vous a soudés et vous êtes liés les uns aux autres pour toute l'éternité. Une seule foi et une seule volonté doivent vivre en tous ceux qui se sont retrouvés sous mon sceptre. De la tribu des Arabes et de celle des Ismains je veux fonder un peuple nouveau et son nom doit toujours vous rappeler le jour de votre union.
Que « Is-ra » soi le nom du nouveau peuple!
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