La Grande Pyramide (Page 1)

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Radar, télévision, centrales nucléaires, rayons lasers, fusées et voyages sur la lune. A quel niveau technique est parvenue l’humanité ! Nous pouvons nous targuer avec raison de nos conquêtes en ce domaine. Même l’espace est maîtrisé par l’intelligence de l’homme !

Toutefois, nous avons tendance à oublier qu’il y a des millénaires déjà, des êtres humains détenaient d’importantes connaissances, notamment en astronomie. Elles ne nous sont redevenues accessibles, que grâce à l’invention de la lunette et du télescope.

Il en est de même en architecture, avec par exemple, les gigantesques constructions érigées par certaines civilisations. Des oeuvres qui, aujourd’hui encore, malgré tous les moyens technologiques modernes à notre disposition, pourraient être difficilement réalisées.

Il suffit de penser aux monumentaux édifices des Toltèques et des Mayas, ou aux ruines des palais incas dans la région de Tiahuanaco. Leurs murs sont constitués en partie par des blocs de pierre pesant cent tonnes chacun qui ont dû être transportés sur une distance de cinq kilomètres. Or, la région de Tiahuanaco se trouve à une altitude de quatre mille mètres et à vingt et un kilomètres au sud du lac Titicaca.

Nos archéologues contemporains sont demeurés perplexes, en découvrant ces murailles, dont les énormes monolithes ont été si parfaitement taillés et ajustés que, même des millénaires plus tard, il est impossible de glisser la pointe d’un couteau dans les joints.

On a trouvé aussi sur ces sites un calendrier en pierre, représentant la division de l’année en douze mois et celle du mois en trente jours. Le portail du Soleil, magnifiquement sculpté, dans la région de Tiahuanaco, fait également partie de ces énigmes que les chercheurs essaient en vain de résoudre.

Ce portail consiste en un seul bloc colossal de trachyte dur, pesant plusieurs tonnes. Etant donné que ce genre de pierre n’existe, ni sur place, ni à une grande distance alentour, comment fut-il possible de le transporter jusqu’aux hauteurs des Andes ? Même avec la technique du vingtième siècle, ce serait une pénible entreprise. Selon d’anciennes traditions, les « dieux » auraient fait parvenir cette singulière roche jusqu’en haut, par des forces titanesques.

Les ruines du temple du Soleil de Baalbek, avec elles aussi des blocs gigantesques, présentent le même mystère. A propos de ce temple, on lit dans un vieux manuscrit arabe, qu’il fut érigé par des géants, avant même le grand déluge. D’après une autre tradition, des démons auraient collaboré à cette oeuvre.

La Grande Pyramide de Khéops compte, également, parmi les nombreuses énigmes non résolues. Aucun archéologue, ni aucun expert n’a mis au jour jusqu’à maintenant les secrets des peuples de l’Antiquité. La plupart des scientifiques soutiennent qu’on ne saura jamais comment les architectes de l’époque ont pu bâtir ces constructions, dont l’exécution soignée poserait encore actuellement de gros problèmes. Ils ne disposaient ni de théodolites, ni de sextants, ni de lunettes, ni de télescopes.

Qui a donc aidé les êtres humains de ces temps lointains ? Qui leur a appris tout cela ? Qui les a initiés à l’astronomie ? Leurs maîtres étaient-ils des « dieux » ? Voilà bien des questions dont personne ne connaît les réponses jusqu’à aujourd’hui.

Les « dieux » ! qui sont d’ailleurs ces dieux que tous les anciens peuples, sans exception, ont vénérés ? Toutes les découvertes faites à ce sujet, font allusion à une adoration des dieux, adoration encore incompréhensible à présent. Chaque lieu de culte et chaque ruine de temple témoignent de cette pratique. Grecs, Sumériens, Chaldéens, Chinois, Mayas, Incas et bien d’autres, honoraient des dieux et, vraisemblablement, les considéraient comme leurs maîtres. En observant tout cela de plus près, on constate, qu’au fond, il s’agissait toujours des mêmes « dieux », quelle que soit la civilisation. Seuls, les noms étaient différents. Et l’on se demande d’où vient cette concordance.

Où se trouvent aujourd’hui tous ces « dieux et maîtres » ? Sont-ils morts ? Sinon, pourquoi ne les voit-on pas ? On ne peut supposer, que des peuples si hautement développés que les Sumériens, les Grecs, les Mayas et les Incas, aient déifié de simples chimères, des êtres qu’ils ne pouvaient ni voir ni entendre. Nous nous posons sans cesse de nouvelles questions. Dans le livre « Wir und das Weltall », l’auteur Willy Bischoff déclare judicieusement :

« A chaque fois que surgissent de nouvelles connaissances, apparaissent de nouvelles énigmes, des miracles et des mystères à propos de dieux, de génies… »

Il n’est pas étonnant que certains écrivains actuels supposent que des créatures d’autres mondes, c’est-à-dire des extraterrestres, soient venues jadis sur la Terre afin d’y ériger des constructions qui surprendraient encore la postérité, des millénaires plus tard. Une telle hypothèse est sans doute intéressante, mais les énigmes ne sont pas pour autant déchiffrées. Pourquoi une planète aussi achevée que la Terre, aurait-elle besoin d’aide de l’extérieur ?

Des êtres humains y habitent et s’y développent depuis des temps immémoriaux. Une évolution humaine, cependant, n’est possible que sur une planète parfaite en son genre, offrant le nécessaire aux créatures qui y vivent. En outre, la matière dont se composent les planètes, est partout la même. Les scientifiques l’ont découvert depuis longtemps. L’étude de la matière lunaire n’a fait que le leur confirmer.

Par conséquent, les êtres humains et les animaux sur d’autres planètes ne pourraient pas être très différents de ceux de la Terre. C’est donc ici, dans notre monde terrestre, que nous devons trouver la solution des nombreuses énigmes de l’Antiquité. Il nous faut suivre les traces des anciens dieux et rechercher leur origine.

Il y a 2400 ans environ, Platon, le philosophe grec, déclarait que les dieux se trouvaient auprès des êtres humains. Retrouver ces anciens dieux n’est pas si difficile, car ils sont toujours là où ils étaient jadis ! Ce sont les êtres de la nature, avec lesquels tous les peuples de l’Antiquité se tenaient en liaison étroite, et qui furent plus ou moins vénérés en tant que dieux.

Géants et nains, les souverains des astres et la protectrice de notre Terre. Ils existent encore tous ! Apollon aussi, le « dieu du Soleil », si chéri de tous les peuples, est toujours là. Les êtres de la nature ! Ces serviteurs de Dieu, éternellement fidèles, étaient jadis les maîtres des humains. Ils les aidaient également dans l’exécution de constructions gigantesques.

La raison pour laquelle nous ne pouvons plus les voir aujourd’hui, bien qu’ils soient d’un tout autre genre, est fort simple. Etant donné notre penchant, depuis des millénaires, à ne nous attacher essentiellement qu’aux choses matérielles, notre faculté de perception s’est émoussée. Ainsi, la capacité extrasensorielle de la créature humaine s’est atrophiée, au point qu’elle n’est plus en mesure de ressentir des vibrations plus subtiles. De ce fait, elle est devenue étrangère, incrédule et railleuse à propos de tout ce qui sort de ses limites d’observation.

Le phénomène peut s’expliquer de cette autre façon : « L’onde d’irradiation », qui permettait jadis aux hommes de voir leurs précepteurs et aides, s’est modifiée de telle sorte qu’une synchronisation est devenue impossible. On peut désigner cette onde d’irradiation par le terme « sixième sens » perdu.

Le présent ouvrage traite du sujet de la dite « Pyramide de Khéops ». Il aborde aussi la vie de son constructeur et les secrets que cet édifice renferme ! Ce livre a aussi pour dessein d’éveiller chez les êtres humains la nostalgie d’une époque où prédominaient l’amour pur, la sagesse et la joie ! Et au cours de laquelle ils collaboraient encore harmonieusement avec les êtres de la nature !

Aujourd’hui, au « siècle du Jugement », où les fondements de notre existence sont de plus en plus ébranlés, il serait bon que nous retrouvions les anciens dieux, les guides serviables de la nature ! Que nous les redécouvrions dans nos coeurs. Alors, nos vies devenues si pauvres en amour, en sagesse et en joie, recevront peut-être quelques éclats de lumière capables de chasser toutes nos angoisses.

VOICI QUE SURGISSENT DES IMAGES DU PASSÉ ET QUE LES SOUVENIRS REVIVENT, TELS L’ÉCHO D’UNE ÈRE OÙ L’HOMME, PÉNÉTRÉ D’UNE JOIE RADIEUSE ENTRETENAIT ENCORE UNE LIAISON AVEC TOUS LES ÊTRES DE LA NATURE. DES ÊTRES QUE, L’ HOMME D’AUJOURD’HUI, DANS SA MÉGALOMANIE, N’EST PLUS CAPABLE DE RECONNAÎTRE, SANS MÊME PRESSENTIR CE QU’IL A AINSI PERDU.

Sur l’une des terrasses de la Maison de Cure à Memphis, Sunrid, l’égyptien, vêtu d’un burnous blanc, observait de sa haute stature la lumière du soleil couchant. Il semblait être dans une écoute attentive. L’astre du jour n’avait pas flamboyé d’un rouge aussi sanglant depuis longtemps. Sunrid, cependant, remarquait à peine cette singulière lueur pourpre qui l’enveloppait lui aussi. Son esprit avait reçu un appel. Le Suprême Prêtre-Roi de la Chaldée, Sargon, appelait ses initiés, aussi loin qu’ils fussent, pour les convoquer à une réunion extraordinaire.

Sunrid acquiesça d’un signe de tête. Oui, il irait. Car lui aussi, l’égyptien, considérait le village des Sages, situé au bord de la rivière Ereth en Chaldée, comme sa patrie spirituelle sur Terre. Il se retourna en poussant un soupir, puis se mit à marcher de long en large sur la terrasse, livré à ses méditations.

Que signifiait cette réunion ? Autant qu’il s’en souvienne, un tel rassemblement n’avait eu lieu qu’une seule fois à Ereth. Le motif en était le comportement de la femme impudique. Celle-ci, lors d’une Fête, s’était exposée nue sur la plus haute marche du temple pour annoncer un « nouveau dieu » qui régnerait désormais sur la Terre et sur le Seigneur du Soleil, jusqu’à la fin des temps. Le coeur inquiet, Sunrid se remémorait cet événement. Il semblait que la Terre et le Soleil avaient depuis ce jour perdu beaucoup de leur splendeur. Quelque chose d’incompréhensible s’était passé.

Un grand nombre de Sages avait quitté les Villages d’Ereth pour suivre la femme impudique qui se prétendait prêtresse. Pourquoi donc tant de personnes s’engageaient-elles délibérément dans la voie de leur propre destruction ? Sunrid explora du regard les étoiles comme si là-haut se trouvait la réponse.

Mais cependant, il se libéra rapidement de ces pensées inquiètes, et lorsque le calme fut revenu en lui, il leva les bras au ciel en une silencieuse prière de gratitude :

« Me voici, Seigneur de toute la Vie ! »

Il descendit ensuite à l’étage inférieur et franchit d’un pas rapide une grande salle, au fond de laquelle se trouvait sa demeure, il tira le rideau et entra.

Dans l’antichambre l’attendait son serviteur Horis. Sunrid ôta son burnous et prit le gobelet d’or que ce dernier lui tendait. Lentement, il but le jus de fruit rafraîchissant. En rendant la coupe vide à Horis, il lui fit signe de la main, avant d’entrer dans sa chambre et de s’allonger sur son lit, au confort rudimentaire.

Horis avait compris le signe de son maître. Après avoir nettoyé le gobelet, il se dirigea vers la grande salle et se posta près du rideau de la porte de l’antichambre. Il était maintenant le gardien du corps physique de Sunrid, tandis que l’esprit de celui-ci, consciemment, entreprenait un voyage sur un autre plan. La confiance que son maître avait en lui, homme inculte à la peau noire, lui conférait courage et assurance.

Sunrid se sentait puissamment attiré vers la Chaldée. A peine s’était-il couché que son esprit se détachait déjà de son corps physique, parvenant quelques instants plus tard à l’endroit qu’il désirait.

Le Village des Sages, au bord du fleuve Ereth, consistait en de nombreuses bâtisses, de différentes dimensions, formant un cercle autour du Sanctuaire dénommé « le Temple de la Trinité Sacrée ». Certains de ces bâtiments étaient ronds. L’un d’entre eux était appelé « la Maison des Révélations ». De grosses poutres de bois gravé, quelques plaques de céramique vitrifiée ainsi que du jonc, constituaient les matériaux de toutes les constructions des villages.

La plupart des initiés oeuvraient dans d’autres pays. Mais ils se trouvaient toujours spirituellement reliés au Suprême Prêtre-Roi de la Chaldée. A l’époque où se déroule la présente histoire, ce pays ne s’appelait pas encore la Chaldée, nom que nous emploierons cependant, puisque cette désignation se rapporte aux Sages jusqu’à aujourd’hui. Ces derniers se nommaient autrefois « initiés ».

Tous occupaient un rang sacerdotal, mais chacun exerçait également une profession. En termes actuels, on pourrait dire qu’il y avait parmi eux des géophysiciens, des astrophysiciens, des biologistes, des chimistes, des astronomes, des naturalistes et de grands médecins. L’astrologie, qui a été associée à ces Sages jusqu’à nos jours, n’existait pas encore. Ceux qui s’occupaient de la science des astres savaient, en effet, que chaque être humain se trouve sous l’influence de certaines étoiles et planètes, mais ils ne se seraient jamais permis d’établir l’horoscope d’une personne.

Car tout individu devait laisser parler sa propre intuition, intuition qui, éclairée par une bonne orientation spirituelle, devait être la seule indication de son chemin sur Terre. L’astrologie n’apparut que lorsque les prêtres de Baal, pour conserver à tout prix leur influence sur les hommes, eurent l’idée d’utiliser la science des astres comme moyen de les attirer.

Et ils y réussirent parfaitement. Quand ils commencèrent à tirer des horoscopes, ils furent sollicités aussi par ceux qui, jusqu’alors pourtant, ne s’étaient nullement intéressés au culte de Baal. Beaucoup n’entreprirent plus rien sans consulter auparavant les prêtres et leurs oracles. Ainsi, les humains, déjà indolents spirituellement, le devinrent encore davantage, ne prêtant plus attention à la voix de leur for intérieur, celle de l’esprit.

Tant que les initiés, fermement reliés à la Lumière, n’aspirèrent pas au pouvoir et à la jouissance terrestre, ils détinrent le secret de la préparation de « l’élixir de vie ». Parmi eux, il y avait toujours quelqu’un capable de concocter ce liquide précieux dont le but n’était pas de prolonger l’existence. D’ailleurs, aucun initié n’aurait exprimé ce souhait. Ces Sages connaissaient les conséquences néfastes d’une vie terrestre artificiellement prolongée, entraînant une stagnation de l’évolution spirituelle. Leur vie ici-bas, était du reste bien plus longue que celle des humains d’aujourd’hui.

Il y a très longtemps, la composition de l’élixir fut confiée par Asclépios lui-même à l’un des Prêtres-Rois. A l’état liquide, cet élixir ressemblait à du sang, ayant le goût d’un fruit aigre. Quelques gouttes par jour remplaçaient l’alimentation pour les initiés, les gardant tous vigoureux lorsqu’ils devaient voyager des semaines entières. Ils ne ressentaient ainsi aucun signe de fatigue.

Cet élixir augmentait encore le prestige des initiés chaldéens. Le fait qu’ils puissent rester sans s’alimenter des jours durant, voire des semaines entières, témoignait de leurs pouvoirs surnaturels.

Pendant des millénaires, ils furent de véritables guides, des maîtres et des conseillers du peuple. Ils ne se souciaient pas de richesses, de pouvoir ou de distinctions honorifiques. Leur vie était consacrée au Créateur Eternel et à la recherche des secrets qu’IL a mis dans Sa Création.

Une fois l’an, à la période du zénith spirituel, ils se réunissaient à Ereth. Tous s’efforçaient d’être présents. Ils nommaient zénith spirituel les jours où la nouvelle Force provenant du « Coeur du Créateur » transperçait tous les mondes et toutes les créatures. Le Saint-Graal était appelé « Coeur du Créateur ». Ils savaient que la conservation de la Création dépendait du renouvellement annuel de la Force. Néanmoins, le zénith spirituel avait déjà eu lieu depuis longtemps lorsque Sargon les convoqua de nouveau.

Tous les initiés, des plus proches aux plus éloignés, furent renseignés sur la réunion extraordinaire qui allait se dérouler. Ceux qui accomplissaient leur mission dans d’autres pays apprirent la nouvelle par l’intermédiaire de messagers entéalliques.

Sunrid fut informé lui aussi de cette façon. Dans la construction large et basse, dénommée « Maison des Révélations », se trouvaient présents, dans leur corps physique, environ deux cents initiés, lorsque l’esprit de Sunrid les rejoignit.

Paix et harmonie régnaient encore parmi eux. Outre le Suprême Prêtre-Roi, bien peu seulement savaient qu’il existait déjà quelques infidèles. Infidèles au fond d’eux-mêmes, pour l’instant. Mais il était prévisible que, plus tard, ils n’hésiteraient plus à montrer ouvertement leur idolâtrie. L’ombre de Lucifer planait déjà sur eux.

Assis sur de petits bancs, les initiés regardaient attentivement une configuration en céramique d’un mètre de haut, située sur un large piédestal, au milieu du grand salon. Sur cette plate-forme huit lampes à huile en or étaient disposées de telle sorte que la maquette en céramique blanche vitrifiée puisse recevoir la lumière de tous côtés. Plus ils la contemplaient, plus ils se sentaient oppressés.

De la douleur, de l’effroi et une sensation de perte irréparable enveloppèrent leurs âmes, comme dans un cauchemar. Ils pensaient à l’original gigantesque de cette petite réplique, qu’ils venaient de voir dans une région du monde de matière subtile où leurs esprits avaient été conduits, tandis que leurs corps physiques dormaient. Ils se remémoraient également les grands oiseaux à visage humain avec leur chant lugubre.

Des coups de gong annoncèrent la venue de nouveaux initiés. Ces derniers arrivants prirent un bain dans le ruisseau qui coulait à travers un bosquet de vieux arbres d’encens et de myrrhe. Après leurs ablutions, ils changèrent leurs vêtements de voyage contre des habits de lin blanc que les serviteurs leur tendirent. Peu après, les retardataires entrèrent à leur tour dans la Maison des Révélations afin d’écouter ce que le Suprême Prêtre-Roi avait à leur dire.

Tous respirèrent, comme soulagés, à l’arrivée de Sargon. Il était le seul parmi les assistants à porter un pectoral carré en or, orné de pierres précieuses rouges, disposées en forme de calice, attestant son titre de « disciple d’Asclépios ». Il ne portait pas la couronne correspondant à son office. Elle était réservée pour les fêtes au temple. Sargon était aussi un médecin exceptionnel, médecin de l’âme et du corps.

Il se tenait debout, silencieux, près du piédestal. Une grande attention régnait dans la salle. On n’entendait que le murmure du vent agitant le fin tissu de fibres d’écorce végétale, tiré sur l’un des côtés ouverts du mur. Ce rideau empêchait l’entrée des chauves-souris et des insectes nocturnes volants. Doucement, du lointain, provenait le son des flûtes des bergers.