Abd-ru-shin (Page 2)

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Au cours de la nuit, elle se réveilla ; il lui semblait avoir entendu du bruit. Son premier regard fut pour la couche de l'enfant. Ne voyait-elle pas là une forme lumineuse ? Que de fois déjà n'avait-elle pas vécu pareille chose ! Mais, cette fois, la figure était sensiblement plus grande que les petits êtres célestes qui veillaient d'ordinaire sur le sommeil de l'enfant. Il est vrai qu'Omaram grandissait ; il était donc normal qu'on envoie des gardiens plus grands. C'est ce que pensa la princesse qui, morte de fatigue, retomba dans un profond sommeil.

Lorsque, le lendemain matin, elle se réveilla plus tard que d'habitude, la couche de l'enfant était vide ! Les servantes ne s'étaient encore jamais permis une chose pareille. Un appel irrité de la princesse les fit accourir, mais toutes assurèrent qu'elles n'étaient pas entrées dans la pièce, pas plus qu'elles n'avaient vu le petit prince !

On commença immédiatement à poser des questions et à entreprendre des recherches. Quelqu'un devait tout de même bien savoir où se trouvait l'enfant ! Mais la consternation grandissait de minute en minute. Personne n'avait la moindre idée de ce qui était arrivé au prince Omaram. Les gardes n'avaient rien remarqué d'anormal. La consternation et l'inquiétude du début firent place à un grand désarroi et au désespoir. Tout le monde cherchait, tout le monde fouillait. Le portail était resté fermé, aucun des lourds blocs de rochers n'avait été déplacé.

Des chuchotements et des rumeurs commencèrent à se répandre. Si le prince avait disparu, c'était certainement qu'on l'avait enlevé ! Et s'il s'agissait d'un enlèvement, c'était sans nul doute le fait de quelqu'un qui connaissait parfaitement le château.

Qui donc avait quitté le château le matin même ? Qui manquait ? Deux serviteurs de confiance étaient absents. L'un d'eux rentrait justement : il s'était rendu dans la vallée pour aller chercher des vivres, et il avait déjà quitté le château la veille au soir.

L'autre, l'écuyer du prince, était à vrai dire au-dessus de tout soupçon. Mais sait-on jamais ? Peut-être l'avait-on soudoyé ? Mais qui aurait pu le faire ? Qui aurait eu intérêt à ce que l'enfant disparût ? Ce ne pouvait être que le frère du prince, qui avait nourri l'espoir qu'Ara-Masdah mourrait sans descendance et lui laisserait le royaume à lui, Oru-Mah. Son propre royaume ne lui avait jamais suffi. On en était là dans les suppositions quand, peu après midi, vainqueur et insouciant, le prince pénétra à cheval dans la cour du château. Son joyeux appel n'eut pas le don de faire apparaître à la fenêtre le gracieux tableau dont il s'était bercé tout au long de sa chevauchée. Au contraire, tous les serviteurs, toutes les femmes semblaient fuir à son approche. La cour et les salles étaient comme mortes. Il n'était encore jamais arrivé que l'un de ses compagnons fût obligé de tenir son cheval et d'ouvrir le portail !

Il traversa des salles désertes et courut vers les appartements des femmes. Certaines pleuraient et se lamentaient, et il eut soudain le pressentiment d'un grand malheur. Il avait à peine la force d'écarter la tenture de l'entrée. Qu'allait-il voir, que lui faudrait-il apprendre ?

La princesse courut au-devant de lui en poussant un cri de douleur et se jeta dans ses bras pour chercher aide et consolation. Elle, d'ordinaire si réservée, se montrait à présent tellement démonstrative ! Il avait dû se passer quelque chose d'effroyable.

«Où est notre fils ? Où est Omaram ?» demanda-t-il dans un souffle.

«Parti, enlevé, disparu !» gémit Dijanitra, mais elle dut répéter ces mots plusieurs fois avant que le père n'en comprît le sens.

Lorsqu'elle eut dit tout ce qu'elle savait, depuis la disparition de l'enfant jusqu'aux vaines recherches et aux vagues suppositions des femmes et des serviteurs, le prince se ressaisit et sortit de sa morne torpeur. Il fallait agir.

La plaque de métal résonna pour appeler tous les habitants du château à se rassembler. D'une voix presque paralysée par l'horreur, le prince fit le récit de ce qui était arrivé pendant son absence. Il interrogea en premier lieu les gardes et les serviteurs. Même son écuyer, revenu entre-temps de la mission dont il l'avait chargé, fut soumis à un interrogatoire on ne peut plus serré. Mais rien de tout cela ne donna le moindre résultat.

«L'enfant n'a tout de même pas pu s'envoler !» s'écria le prince. «Il est évident que ce sont des mains humaines qui l'ont enlevé, car on a emporté en même temps des linges, des coussins et des couvertures, et même la nourriture préparée pour lui. Cette façon de faire prouve que, du moins dans un premier temps, on n'envisageait ni l'assassinat ni la mort de l'enfant. Qui donc peut avoir intérêt à détenir cet enfant ?

Quoi qu'il m'en coûte de croire à la culpabilité de mon frère, je partage votre avis : il est le seul qui puisse avoir agi de cette façon ! Écoutez ce que je sais depuis quelques jours et que je voulais garder secret pour le moment : mon vizir a appris que mon frère rassemblait des troupes contre moi afin de s'emparer de mon royaume. Il est fort possible qu'il ait tenté auparavant de prendre le prince en otage afin de me contraindre à abdiquer sans effusion de sang. Il faut que des messagers de confiance se rendent d'urgence à sa cour pour essayer de savoir s'il en est bien ainsi. Quant à nous, nous allons parcourir les forêts et nous demanderons dans toutes les vallées et dans toutes les chaumières si l'on a vu ou entendu quelque chose qui soit susceptible de nous aider à retrouver le petit prince.»

Et il en fut comme le prince l'avait ordonné. Les recherches reprirent avec un acharnement désespéré. Au bout de plusieurs jours, les messagers revinrent. Grâce à leur savoir-faire et à leur fidélité, ils avaient réussi à découvrir un plan ayant effectivement pour but d'enlever puis de tuer le jeune prince.

Plutôt que d'entrer dans des négociations qui risquaient au demeurant d'être sans effet, le prince Oru-Mah aurait trouvé plus efficace de tuer l'enfant qui se dressait entre lui et le trône. Il se serait ensuite emparé du royaume pendant le deuil dans lequel le prince n'aurait pas manqué de sombrer.

Mais ce plan ignoble aurait été contrecarré par les rumeurs concernant la disparition du jeune prince. C'est pourquoi il régnait aussi un grand désarroi dans le royaume voisin. On pensait effectivement que le prince avait lui-même caché son fils pour le mettre à l'abri d'un piège éventuel.

La confusion, l'inquiétude et l'affliction augmentaient de jour en jour. Le prince pouvait à peine prendre les dispositions qui s'imposaient, il dédaignait toute nourriture et toute boisson, et le sommeil le fuyait.

La princesse Dijanitra, accablée de chagrin, semblait par contre prise d'une inexplicable somnolence. Heure après heure, jour après jour, elle restait étendue sur sa couche sans faire un mouvement et sans ouvrir les yeux. Elle ne réagissait nullement lorsque son époux désespéré tombait à genoux à côté d'elle et la suppliait de ne pas le quitter à son tour. Elle ne semblait pas davantage remarquer le prêtre-médecin qui se penchait sur elle pour voir s'il percevait encore un souffle de vie.

Enfin, la princesse ouvrit les yeux, elle jeta autour d'elle un regard clair et bienveillant et demanda d'une voix faible, mais nette, à voir le prince.

Joyeusement ému, Ara-Masdah se conforma à son désir. Lorsqu'il entra, la princesse se redressa et tendit les bras vers lui.

«J'ai de bonnes nouvelles pour toi, mon époux! » dit-elle doucement.

L'espace d'un instant, le prince craignit que l'immense douleur n'eût troublé les sens de son épouse. Mais quand il la vit le regarder de ses grands yeux clairs et rayonnants, quand il vit le ravissant sourire de Dijanitra jouer à nouveau sur ses lèvres fines, ce fut une délivrance pour son coeur torturé, et c'est presque avec bonheur qu'il s'assit à son chevet afin d'apprendre la nouvelle.

«J'ai été emmenée bien loin d'ici,» commença la princesse d'une voix douce, «et il m'a été donné de voir notre fils. Il est parfaitement protégé dans un pays qui est infiniment plus beau que le nôtre. Il va bien et l'on prend grand soin de lui. Is-ma-el, un vieil homme merveilleux, l'entoure de sa sollicitude, si bien qu'il ne manque de rien.»

«Qu'il ne manque de rien semble te suffire !» s'écria le prince étonné. «N'as-tu donc aucun désir de le voir ? Peux-tu te passer de ton fils ?»

«Oui, je le peux !» répliqua la princesse dont les yeux rayonnaient. «Mais écoute donc la suite. Le vieil homme a pu me dire qu'il a enlevé l'enfant sur l'ordre de son Dieu. Des anges de Dieu ont dû l'aider, sinon pareille entreprise aurait été impossible.»

«Son Dieu le lui a ordonné ?» l'interrompit une nouvelle fois le prince en secouant la tête d'un air incrédule. Qu'avons-nous à faire de son Dieu ? Et pourquoi nos propres dieux n'ont-ils pas mieux protégé ce don du ciel ?»

«Ils n'en avaient pas le droit», affirma Dijanitra. «Son Dieu est supérieur à nos dieux et peut leur ordonner ce qu'ils doivent faire. Et la volonté de son Dieu est que l'enfant grandisse en un lieu où il entende parler de Lui et soit élevé dans Sa foi. Plus tard, Omaram sera l'héritier de ce magnifique royaume et il deviendra un prince sans pareil.»

«Notre royaume ne lui suffit-il pas ?» grommela le père. Il n'y avait plus de désespoir dans sa voix, mais plutôt de l'étonnement après ce qu'il venait d'entendre.

«Non, notre royaume est trop petit ; de plus, nous ne croyons pas au Dieu qui est au-dessus de tous les dieux. Et si notre fils était resté ici, Oru-Mah l'aurait fait tuer. Le vieillard le savait parfaitement.»

«Et tu es heureuse à présent, Dijanitra ?» demanda le prince.

«Oui, mon époux, très heureuse. J'aime tellement notre fils que je peux supporter d'être séparée de lui si c'est pour son bien.»

«Et moi, je l'aime tellement qu'être séparé de lui me brise le coeur», déclara le père, et l'on sentait bien qu'il disait vrai. Mais j'apprendrai de toi à être aussi généreux que tu l'es toi-même.»

Longtemps encore, les époux restèrent silencieux ; chacun suivait ses propres pensées. Et tous deux retrouvèrent la sérénité et la confiance.

«Il me semble que les compagnons de jeu d'Omaram continuent à aller et venir dans cette pièce», murmura soudain la princesse.

Alors le prince dit :

«Maintenant que nous savons avec certitude où se trouve notre fils et je ne doute pas un seul instant que tout ce que tu as vu est la vérité, il faut naturellement faire cesser les recherches. Mais que vais-je dire à ceux qui nous sont fidèles, que vais-je dire au peuple ? Ils ont le droit de savoir pourquoi nous nous résignons.»

«Tu leur dois la vérité. Ils ne comprendraient pas que tu agisses autrement. Il ne faut pas qu'ils doutent de nous. Dis-leur tout ce que je t'ai rapporté, et ils partageront notre joie.»

Comme tous ceux qui s'adonnaient aux recherches étaient justement convoqués ce soir-là, l'appel du gong eut tôt fait de rassembler fidèles et serviteurs. Quel ne fut pas leur étonnement lorsque le prince leur communiqua avec des mots simples et convaincants ce qu'il avait appris par l'intermédiaire de son épouse. Pas un seul ne douta de la véracité de ce récit. Ils déplorèrent sincèrement d'avoir perdu le prince, mais la joie de le savoir en vie et bien protégé l'emporta.

Sept jours plus tard, la princesse se réveilla, radieuse. Pendant la nuit, il lui avait été donné de revoir son fils avec son protecteur ; elle ne se lassait pas de raconter la chose à son époux.

«Le vieil homme m'a parlé de son Dieu. Je suis autorisée à te faire part de ce qu'il m'a dit.»

Avec beaucoup d'enthousiasme, Dijanitra rapporta tout ce dont elle put se souvenir et conclut par ces mots :

«Lorsque sept jours se seront à nouveau écoulés, il me sera permis de revoir notre fils !»

Les choses se répétèrent ainsi chaque semaine, et ce fut une grande consolation pour la princesse dont la vie était devenue doublement solitaire, étant donné que le prince Ara-Masdah avait décidé de prévenir la perfidie de son frère en lui faisant sentir sa puissance. La guerre qui, dans ces gorges montagneuses, était davantage une suite d'escarmouches qu'une bataille, traînait en longueur, et le château des rochers demeura longtemps privé de la présence du prince.

Lorsque ce dernier finit par rentrer victorieux, il y eut de part et d'autre bien des choses à raconter. Mais ce que la princesse avait à dire sur Omaram l'emportait sur tout le reste. Il grandissait et se développait merveilleusement bien. Sa beauté était telle qu'il surpassait en rayonnement les êtres lumineux parmi lesquels il vivait.

«On ne l'appelle plus Omaram», dit la princesse avec regret. «Évidemment, il n'est plus là pour réjouir le coeur des hommes. On l'appelle à présent Fils de la Lumière, comme le vieil homme me l'a expliqué.»

Voici qu'approchait le jour où, deux ans auparavant, Omaram avait fait son entrée dans le château des rochers. La princesse espérait avoir le bonheur de voir son fils ce jour-là, mais son espoir fut déçu. Il semblait bien que la chose ne fût possible que tous les sept jours, et le délai ne serait écoulé que la nuit suivante.

Elle se coucha, pleine d'attente. Peu de temps après, elle se sentit doucement mais irrésistiblement emportée vers les hauteurs. Elle n'avait jamais vécu une chose aussi singulière. En regardant en arrière, elle avait l'impression de voir le château de très haut.

Puis elle se vit elle-même paisiblement endormie sur sa couche. Et voilà que son époux entrait, elle le reconnaissait parfaitement à la lueur de la lampe qui brûlait au pied de sa couche. Il semblait vouloir lui dire quelque chose et il lui prit la main, mais celle qui dormait ne bougea pas.

Ne voyait-il donc pas qu'elle-même n'était pas là et que seule son enveloppe était présente ? En hochant la tête, il se pencha un instant sur la dormeuse, comme s'il écoutait sa respiration, puis il repartit.

Ce tableau s'effaça ; elle vit alors à ses pieds l'image qui lui était devenue familière : le palais où vivait son enfant bien-aimé.

«Omaram, joie de mon coeur !» murmura-t-elle.

Elle put se laisser descendre et s'approcher de sa couche. Il dormait, paisiblement allongé. Le rose de la santé et de la belle humeur fleurissait sur ses joues ombrées de longs cils.

«Oh ! mon fils ! Mon fils bien-aimé !» chuchota la princesse, «Que ton Dieu te bénisse et te rende heureux !»

«Il est béni», fit entendre une voix à ses côtés.

Elle leva les yeux et aperçut le vieillard qui s'était approché d'elle sans faire de bruit et qui ajouta :

«Il est béni, car il est le Fils du Dieu vivant ! Toutefois, il ne sera pas heureux ici sur Terre, mais il y apportera bonheur et bénédiction.»

La princesse ne fit pas attention à ces dernières paroles, tant elle était bouleversée par le début de ce discours.

«Il est le Fils de Dieu ? Il est pourtant notre fils, né de mon sein ! Il est le fils d'Ara-Masdah ! Comment peut-il alors être le Fils de Dieu ?» demanda-t-elle presque avec véhémence.

Et, avec une bonté et une patience infinies, le vieillard expliqua inlassablement le mystère divin de l'incarnation d'une partie du Dieu éternel, jusqu'à ce que Dijanitra eût compris. Elle saisit en intuition ce qui lui était révélé.

Avec un sourire bienheureux, elle leva vers Is-ma-el son visage baigné de larmes : «Le prince et moi devons donc remercier Dieu du fond du coeur de nous avoir choisis entre tous les êtres humains de la Terre et de nous avoir jugés dignes de protéger son précieux joyau toute une année durant ! Et moi, mère bienheureuse, j'ai eu la grâce de contribuer à la formation du corps du Fils de Dieu ; il m'a aussi été donné de le nourrir et d'en prendre soin !»

«Voilà pourquoi tu seras bénie de toute éternité, Dijanitra», dit gravement Is-ma-el. «Le temps viendra également, mais il est encore loin, où tu pourras revoir ton fils. Tu le reconnaîtras, car l'oeil d'une mère est pénétrant. Toutefois, tu ne le nommeras plus ton fils, mais ton Seigneur et ton Roi ! Tu ne l'appelleras plus Omaram, ni même Abd-ru-shin, comme nous le faisons aujourd'hui sur l'ordre de Dieu, mais du Nom de tous les noms : Imanuel ! Et tu tomberas à genoux devant Lui et tu L'adoreras ! »

La princesse resta silencieuse, tout émue par ce qu'elle venait d'entendre. Et Is-ma-el reprit :

«Tu te trouves aujourd'hui pour la dernière fois auprès de nous. Désormais, tu ne verras plus ton enfant que par le souvenir, jusqu'au jour lointain où vous serez à nouveau réunis.

Mais tu ne seras privée de rien. Tu engendreras un fils qui sera la joie et la félicité de vos vieux jours. Il héritera de votre royaume, et il héritera aussi de vos vertus et de votre pureté. Sème en lui la connaissance du Dieu éternel telle que j'ai pu te la révéler.»

La princesse se pencha en un geste d'adieu sur l'enfant qui souriait dans son sommeil, puis elle se sentit soulevée. Elle voulait remercier le vieillard que déjà elle se retrouvait sur sa couche. Au même moment, le prince entrait :

«Je suis déjà venu une fois, mais tu dormais si profondément que je n'ai pas voulu te déranger. Je suis inquiet, car j'ai peur que tu puisses m'être enlevée toi aussi.»

«Non, Ara-Masdah, je resterai auprès de toi, et bientôt nous serons de nouveau trois. Dieu va nous donner un autre fils.»

Et elle lui raconta tout ce qu'elle avait vécu. Le prince écouta dans un profond recueillement et remercia Dieu en son coeur.

Dans une magnificence de fleurs, dans l'éclat du soleil, une prairie ! Des herbes aux formes étranges et aux merveilleuses senteurs en formaient le tapis. De grandes fleurs aux couleurs délicates balançaient leurs calices sur leurs tiges flexibles et de grands papillons aux couleurs splendides, véritables fleurs vivantes, voletaient au-dessus d'elles.

Au milieu de cette splendeur se tenait un enfant d'environ trois ans. Ses petites mains posées l'une dans l'autre, il admirait les merveilles qui l'entouraient. Ses yeux aux reflets dorés rivalisaient avec les rayons du soleil. Ses cheveux flottaient autour de sa tête bien proportionnée et l'auréolaient de lumière.

Un papillon particulièrement grand s'approcha alors. L'enfant poussa un cri de joie.

«Oh, viens, toi qui es si beau !»

Il tendit ses petites mains, et le papillon obéit à la voix qui le suppliait. Il se posa sur la main de l'enfant tout en agitant ses ailes magnifiques.