Rumineurs -----------

L’être humain qui passe ses jours terrestres à ruminer sur lui-même ne peut jamais s’élever, mais demeure entravé.

Tant d’êtres humains pourtant, vivent dans l’idée que précisément cette rumination et cette introspection représentent quelque chose de particulièrement grand, par laquelle ils s’élèvent. Ils ont beaucoup de beaux mots pour cela, qui en voilent le véritable noyau. L’un rumine au sujet du repentir, l’autre de l’humilité. Il y a aussi, ceux qui en une forte rumination cherchent à découvrir leurs fautes et le chemin pour les éviter et ainsi de suite. Tout reste une rumination permanente qui ne les laisse que rarement ou jamais parvenir à la vraie joie.

Ce n’est pas voulu ainsi. Le chemin est faux, il ne conduit jamais vers le Haut, vers les Royaumes lumineux et libres; car l’être humain se lie par la rumination. En effet, il contraint son regard à ne se diriger que sur lui-même, au lieu de le diriger vers un but pur et lumineux!

Un rire joyeux et cordial est le plus grand ennemi des ténèbres. Cependant, il ne doit pas être un rire malsain et nuisible face aux malheurs des autres.

La rumination par contre oppresse. À lui seul déjà, ce fait explique, qu’il maintient à un niveau inférieur et qu’il entraîne vers le bas.

Le vrai noyau de cette perpétuelle rumination n’est pas non plus un bon vouloir, mais seulement la vanité, l’ambition et la présomption! Ce n’est pas une pure nostalgie vers la Lumière, mais bien la recherche de sa propre élévation qui provoque la rumination, la développe toujours sans cesse et la nourrit continuellement!

En se tourmentant ainsi, un tel être humain ne pense qu’à lui, encore et toujours. Il observe aussi avec zèle l’alternance du pour et du contre dans le mouvement de son âme, il s’irrite, se console, pour finalement constater lui-même, avec un profond soupir de soulagement et d’autosatisfaction, qu’il a de nouveau «surmonté» quelque chose et fait un pas en avant. Je dis intentionnellement «constaté lui-même», car il est en réalité tout seul à en constater la plus grande part et ses propres constatations ne sont à vrai dire, uniquement que des illusions. En réalité, il n’a pas avancé d’un pas, mais il commet toujours sans cesse les mêmes fautes, bien qu’il s’imagine qu’elles soient différentes. Mais ce sont toujours les mêmes vieilles fautes, seule la forme change.

Un tel être humain ne progresse donc jamais. Pourtant, au cours de sa propre observation, il s’imagine surmonter ses fautes, l’une après l’autre. Mais il ne fait que tourner en rond autour de lui-même tandis que le mal fondamental, caché en lui, engendre constamment de nouvelles formes.

Un tel être humain toujours en train de s’observer et de ruminer sur lui-même est la personnification du combattant contre l’hydre à neuf têtes dont chacune repousse aussitôt qu’elle est abattue, de sorte que le combat est sans fin et qu’il n’y a pas non plus de progrès à constater du côté du combattant.

Tel est effectivement le processus déclenché dans la matière fine par la façon d’agir du rumineur, processus que les êtres humains de la dernière antiquité pouvaient encore percevoir lorsqu’ils prenaient pour des dieux, des demi-dieux ou d’autres Entités tout ce qui n’était pas matière dense.

Seul celui qui librement, d’un vouloir joyeux envisage un but élevé, c’est-à-dire dirige ses yeux vers ce but au lieu de les tenir toujours rivés sur lui-même, seul celui-là progresse et s’élève vers les Hauteurs Lumineuses. Aucun enfant n’apprend à marcher sans tomber bien des fois! Mais presque toujours, il se relève en souriant jusqu’à ce qu’il acquière l’assurance dans sa démarche. C’est ainsi que doit être l’être humain sur son chemin à travers l’Univers. Mais qu’il ne se décourage ou ne se plaigne pas s’il vient à tomber; qu’il se relève bravement et qu’il essaie de nouveau! L’enseignement à tirer de sa chute qu’il le fasse alors sien, mais dans l’intuition et non dans la pensée observatrice. C’est tout à fait soudainement que survient alors le moment où plus aucune chute n’est à craindre, car il a alors assimilé tout ce qu’il a appris ainsi.

Toutefois, il ne peut assimiler que par l’expérience vécue elle-même; non par l’observation. Un rumineur n’arrive jamais à l’expérience vécue; car par l’observation il se place constamment à l’extérieur de chaque expérience vécue et il se regarde, s’analysant et se disséquant comme s’il s’agissait d’un étranger, au lieu de ressentir pleinement pour lui-même. Mais s’il se regarde, il est nécessairement à côté du ressenti; cela réside déjà dans le mot; se regarder, s’observer!

Cela explique aussi qu’il sert uniquement l’intellect, qui non seulement entrave toute réelle expérience vécue intuitivement, mais encore l’écarte complètement. Il ne laisse pas aux effets produits par chaque événement extérieur en provenance de la matière, pénétrer plus loin que le cerveau antérieur qui les reçoit le premier. Là, ils sont retenus, présomptueusement démembrés et analysés, de sorte qu’ils ne parviennent pas jusqu’au cerveau de l’intuition, au travers duquel l’esprit pourrait les accueillir en tant qu’expérience vécue.

Car faites bien attention à mes Paroles: ainsi que l’esprit humain doit logiquement conduire son activité de l’intérieur vers l’extérieur, du cerveau de l’intuition au cerveau de l’intellect, de même les événements extérieurs ne peuvent rétro-agir que par le même chemin pour être reçus par l’esprit humain en tant qu’expérience vécue. Les événements extérieurs issus de la matière doivent donc toujours, venant du dehors, passer par le cerveau antérieur de l’intellect, puis par le cerveau postérieur de l’intuition pour parvenir à l’esprit. Pas autrement. Tandis que l’activité de l’esprit doit prendre exactement le même chemin mais en sens inverse, de l’intérieur vers l’extérieur, étant donné que seul le cerveau de l’intuition possède la faculté de percevoir les impressions spirituelles. Or, le rumineur retient convulsivement l’impression produite par l’événement extérieur dans le cerveau antérieur de l’intellect; là, il l’analyse, la dissèque et ne la transmet pas au cerveau de l’intuition dans sa pleine valeur, mais seulement partiellement, ces brides sont donc déformées par la puissante activité mentale et ne sont plus aussi réelles qu’au départ.

C’est pourquoi aucun progrès ne lui est possible, aucune maturité d’esprit, que seule apporte l’expérience réellement vécue des événements extérieurs.

Soyez en cela comme les enfants! Accueillez pleinement l’événement et vivez-le instantanément et entièrement en vous. Alors, passant par le cerveau de l’intuition, il refluera à son tour vers le cerveau de l’intellect, d’où il pourra soit émerger après avoir été élaboré en vue d’une forte et efficace autodéfense, soit permettre d’étendre la faculté de réception, selon la nature de l’événement extérieur, dont les radiations nommées «influences» ou «impressions» agissent depuis l'extérieur.

À titre d’école, le Royaume de Mille Ans servira aussi en cela, Lui qui doit devenir le Royaume de la paix et de la joie, le Royaume de Dieu sur Terre. À ce propos, les êtres humains par leurs désirs qui ne sont qu’exigences comprennent là encore quelque chose de faux, car du fait de leur présomption, ils ne sont plus capables de concevoir une forme juste et saine. Avec l’expression Royaume de Dieu sur Terre, un joyeux frémissement parcourt les rangs de tous ceux qui L'espèrent. Ils se représentent en effet un don leur procurant joie et bonheur, correspondant à leur nostalgie d’une jouissance paisible. Mais, pour l’humanité entière, ce sera l’époque de l’obéissance absolue.

Personne ne veut admettre aujourd’hui, qu’il s’agit là d’une exigence! Par l’expression «Royaume de Dieu sur Terre», il ne faut cependant pas comprendre autre chose que le Règne de la Volonté de Dieu, Règne inconditionnel et inchangeable, donc que le vouloir des êtres humains et leurs désirs devront enfin se conformer entièrement à la Volonté de Dieu!

La paix et la joie apparaîtront, parce que tous les éléments perturbateurs seront violemment retirés de la Terre et dorénavant tenus éloignés. Fait partie en premier lieu de ces éléments, l’être humain. Car lui seul a apporté la perturbation dans la Création et sur la Terre. Mais à partir d’une heure déterminée, un perturbateur ne pourra plus continuer à vivre sur cette Terre.

Cela s’accomplira par la modification des radiations qui se produira grâce au Fils de l’Homme et de Son Étoile. La paix sera imposée, et non pas offerte, et le maintien de la paix sera exigé sévèrement et inexorablement!

Tel sera le Règne de la paix et de la joie, le Règne de Dieu sur Terre dans lequel l’être humain doit être dessaisi du droit d’imposer son vouloir, droit qui jusqu’alors lui fut laissé, car en tant qu’élément spirituel parmi les êtres d’évolution sur cette Terre, et en tant que la créature la plus élevée, il doit également régner en conformité absolue avec les Lois de la Création. Mais, avec l’entrée de la Volonté de Dieu dans la Création Postérieure, la suprématie du vouloir humain est auto activement annulée.

Seul pourra encore subsister à l’avenir l’être humain et toute créature qui se conformera volontairement à la Volonté de Dieu! Donc, vivra, pensera et agira d’après Elle! Cela seul offre la capacité de vivre dans le Royaume de Mille Ans à venir!

Gravez ceci en vous, encore une fois, aussi clairement que vous le pouvez. C’est la base pour tout, oui, pour votre existence entière! Afin que vous, petite troupe, vous vous teniez déjà dès le début intérieurement fermes sur ce nouveau sol!

Abdruschin