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Bouddha, vie et oeuvre du précurseur en Inde

Une grande agitation régnait dans le palais de Kapilavastu. On attendait le retour du prince, parti pour une expédition de chasse.

Il y avait déjà dix jours qu'il était absent, lui, le pilier des siens, de la cour et du royaume. Qu'avait-il bien pu lui arriver? Son absence n'avait encore jamais été aussi longue.

«Quand père reviendra-t-il?» demandait cent fois par jour le petit Rahoula en se blottissant dans les jupes de sa mère ou en se réfugiant dans les bras de sa nourrice.

Ne sachant ni l'une ni l'autre que lui répondre, elles recouraient à toutes sortes de gâteries pour l'apaiser. Toutefois, sa mère, la belle princesse Maya, allait de plus en plus souvent devant les grandes baies qui donnaient sur la vallée.

«Siddharta, pourquoi restes-tu si longtemps au loin?» gémissait-elle.

Mais, pas plus que les larmes qu'elle ne cessait de verser en voyant les jours passer sans apporter de nouvelles, ses appels et ses lamentations ne ramenaient son époux.

Maya avait couvert de voiles blancs sa tête aux longues et brillantes nattes d'un noir bleuté et refusait toute nourriture. Vatha, sa vieille nourrice, la réprimanda:

«Tu ne dois pas perdre courage, princesse, ma fleur! Quitte ce voile de veuve, le temps n'est pas venu de le porter.»

Puis elle se jeta aux pieds de sa maîtresse, qu'elle servait depuis sa naissance, en la suppliant de prendre quelque nourriture.

C'est alors que des cris de joie se firent entendre et que le son clair des cors retentit. On frappa sur des gongs. Pour les femmes qui étaient aux écoutes, aucun doute n'était possible: le prince était de retour!