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Jean-Baptiste

La chaleur lourde et étouffante d'un après-midi d'été pesait sur la montagne dont les arêtes crevassées et les escarpements se détachaient sur un ciel serein et sans nuages. A mi-hauteur se trouvait une ville assez étendue dont les ruelles mal entretenues se faufilaient en tous sens entre les maisons aux toitures basses.

Plongé dans ses pensées, un homme d'un certain âge marchait dans l'une de ces rues tortueuses. On reconnaissait à ses vêtements qu'il s'agissait d'un rabbin. Il dirigeait ses pas vers le temple de Dieu qui était l'édifice le plus important de cette localité. Une longue barbe ondoyante, grisonnante et clairsemée tombait sur sa poitrine. Un carré d'étoffe recouvrait ses rares cheveux.

Il était d'une maigreur effrayante et son vêtement très soigné flottait autour de ses membres ; malgré tout, il ne donnait pas l'impression d'être un vieillard fragile. Sa démarche était trop assurée et son maintien trop droit pour cela.

Des garçons jouaient au milieu de la rue. Un grand heurta par inadvertance un petit qui perdit l'équilibre et roula le long de la pente.

Bien que l'homme fût perdu dans ses pensées, le cri qu'avaient soudain poussé les enfants lui fit relever la tête. Il se précipita et arrêta l'enfant dans sa chute, puis il se baissa, releva le garçon qui sanglotait et l'examina pour voir s'il ne s'était pas fait de mal.