=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=o=

Miang-Fong, vie et oeuvre du précurseur au Tibet

Haut vers le ciel, des sommets de montagne dénudés et déchiquetés regardaient, immobiles, une verte vallée, qui se blottissait, insouciante, entre les rocs.

Une neige éternelle recouvrait les pointes, dans les gouffres et les crevasses, elle s'était transformée en une glace vert-bleue, sur laquelle même l'éblouissante clarté du Soleil ne pouvait rien.

Sur un côté des hauts-plateaux reposaient, pressés contre les parois rocheuses, deux silhouettes géantes, comme s'ils étaient eux-mêmes une partie de ces roches. De bienfaisante manière ils étaient allongés dans la chaleur du Soleil et, tantôt, regardaient, là haut, vers le Ciel d'un bleu profond, tantôt ils laissaient leur regard glisser sur la vie joyeuse qui se mouvait autour d'eux et même, plus loin, au-dessus d'eux.

Un troupeau de chèvres de montagne paissait des deux côtés d'un ruisseau joyeusement jaillissant, gardé par un garçon mince et élancé, qui, sans interruption, tantôt de ce côté-ci, tantôt de l'autre côté, devait bondir pour empêcher les bêtes trop casse-cou d'une chute dans les précipices.

Dans son zèle, il ne faisait pas attention aux deux géants, jusqu'à ce qu'il trébuche et tombe, sur le sol chaud, dans la main ouverte de l'un d'entre eux. Celui-ci le retint et le secoua quelque peu.

- Ne peux-Tu donc pas regarder autour de Toi, Toi, espèce de nain?, cria-t-il avec un rire qui éveilla un écho.

- Lâche-moi, cria le petit et il se défendait de toutes ses forces. Lâche-moi, sinon Fu-Fu va tomber là-bas sur les rochers.

- Et serait-ce donc si grave ? désira savoir le géant. Sur ce, il relâcha, toutefois, sa poigne, de sorte que son petit prisonnier put s'échapper.