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Abd-ru-shin

Le château construit dans les rochers était accroché, menaçant, entre les parois de la montagne. Des pierres de même nature s'imbriquaient les unes dans les autres, et partout la roche naturelle servait de soubassement. En maints endroits, deux rochers formaient les murs des salles immenses. Seul un oeil très exercé pouvait distinguer ce qu'avait créé la nature de ce que la main de l'homme y avait ajouté. Des crevasses avaient été agrandies pour former des ouvertures dans le roc. Malheur à l'ennemi qui aurait eu l'audace d'approcher !

Vus d'en bas, rochers et murailles paraissaient gris et rongés par le temps, mais de plus près, on distinguait la magnifique couleur rouge de la pierre sillonnée de veines grises et blanches. Les rocs dépouillés et nus se dressaient au-dessus de la limite où poussaient les arbres, les buissons, les herbes et les fleurs.

Un étranger aurait pensé qu'il était impossible d'atteindre le château. Seul y menait un sentier abrupt et périlleux. On parvenait au coeur même de ce château par des couloirs taillés dans le roc pareils à des galeries et à des porches.

Une cour aplanie à grand-peine était entourée de divers bâtiments qui, vus d'en bas, donnaient l'impression d'un ensemble unique et gigantesque, alors qu'ils étaient de hauteurs inégales et orientés en tous sens, selon la position des rochers.

Du côté de la cour, les crevasses du rocher s'élargissaient en ouvertures qui tenaient lieu de fenêtres. Elles étaient garnies de bacs dans lesquels une abondance de fleurs rouge sombre ou blanches retombaient. On voyait que des mains attentives en prenaient soin.