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Le Fils de la Lumière

Un cavalier solitaire traversait le pays au galop ... Il chevauchait dans la steppe aride vers les montagnes qui se détachaient indistinctement dans le lointain; leurs flancs escarpés se dressaient vers le ciel. Menaçants, ils défendaient l'entrée à tout intrus qui voudrait s'en approcher.

Des tribus sauvages, redoutées à cause de leur cruauté, habitaient les vallées rocheuses de ces montagnes. On ne les attaquait jamais. Des étrangers s'égareraient dans ces ravins, dans ce monde primitif où aucun sentier ne semblait être aménagé pour des êtres humains. Mais les indigènes, eux, grimpaient avec agilité par-dessus les éboulis de rochers et escaladaient les rudes parois montagneuses comme si c'étaient des routes faciles.

Vers le soir, le cavalier solitaire atteignit la vallée qui, étroite et presque invisible, se creusait dans la montagne, telle une fissure dans un rocher. Il mit lestement pied à terre tout en tenant fermement le baluchon qui, pendant la chevauchée, n'avait jamais quitté son bras et qu'il déposa maintenant à terre avec précaution. Il sortit des aliments et une outre des sacoches que l'animal portait sur ses flancs. Puis il s'assit à côté du baluchon dont le contenu commençait à s'agiter vivement.

L'homme posa le paquet sur ses genoux et défit les voiles légers qui enveloppaient le tout. Ses traits s'illuminèrent en regardant le visage souriant d'un petit enfant âgé d'environ d'un an. Comme une une mère, il prît soin de cet enfant et déroula ses langes épais avec précaution; il lui fit boire le breuvage emporté dans l'outre et le nourrit avec amour.